Le projet

La capitulation du IIIème Reich le 8 mai 1945 a bien commencé sur des plages le 6 juin 1944. Entre les deux dates, le Débarquement et la Reconquête furent longs et difficiles. Ils touchèrent nombre de civils. Des acteurs qui sont aujourd'hui devenus rares et les témoins directs disparaissent peu à peu.

Tout commence en Basse-Normandie, territoire où cette période est encore présente, vivace dans les esprits. Mais le mouvement des Alliés dans l'Ouest marque profondément bien au delà de cette région.

Qu'en reste-t-il exactement 70 ans après ? Qu'en est-il en Haute-Normandie, puisqu'une partie des troupes contourne le bassin parisien en direction du Nord et de l'Est ?

N'est-ce qu'un souvenir en Bretagne, région dont on parle moins que les autres, mais qui a connu des épisodes dramatiques ?
70 ans après donc, remonter les chemins du temps avec pour principe la transmission générationnelle est possible. Des jeunes de collège en 3ème, les derniers à pouvoir recueillir sans doute des témoignages oraux, répondent à ces questions et à bien d'autres... Quelle approche ont-ils de cet épisode structurant de notre histoire moderne ? Qu'en ont-ils entendu ? Comment se l'approprient-ils ? Ce format long ouvre son espace aux citoyens de demain.

"Du débarquement à la reconquête" ou comment nos enfants s'emparent de cette période, enquêtent, restituent, assurent notre devoir de mémoire. Avec un petit texte, une vidéo et des photos, ils trouvent des petites histoires et anecdotes régionales, familiales, et nous racontent l'Histoire.

Les élèves des collèges Jean Monnet de Ouistreham, Roger Gaudeau des Andelys et Jacques Brel de Noyal sur Vilaine nous emmènent dans ce voyage.

Histoires

bas-normandes

Georgette Godes et la photo qui a fait le tour du monde

Georgette Godes, la petite fille de Saint-Laurent-sur-mer. Elle a retrouvé 50 ans plus tard, grâce à une photo, le soldat qui la tenait dans les bras.

Un texte, écrit par Lisa Reveillard (blonde) et Romane Denis (brune), classe de 3ème A.
Désiré Dajon-Lamarre et son carnet

Le carnet de Désiré Dajon-Lamarre, qui avait 12 ans en 1944 et habitait le bourg de Ouistreham. Il a tenu un journal de bord pendant les années de guerre.

Un texte écrit par Mickaella Peres et Christelle Quedru, élèves de 3ème A.
Le soldat Johannes Börner

Johannes Börner, un soldat allemand qui a choisi de rester en Normandie

Un texte écrit par Raphaëlle Le Du, Agathe Nourry et Thibaut Levard.

Georgette Godes

« Cette photo a changé ma vie »

Georgette Godes rend hommage à Donald Sheneman, 71 ans après leur rencontre. L’histoire de deux vies liées grâce à une photo…
Georgette Godes, née à Saint Laurent-sur-Mer, avait 7 ans le 6 juin 1944 : les uniformes, les privations, les blessures, les bombardements… Elle n’a rien oublié.

Mais depuis toutes ces années, une question hante sa mémoire : Qu’est-il advenu du G.I. américain qui l’a tenue dans ses bras, quelques jours après le débarquement ?

C’étaient les vacances scolaires et la guerre faisait encore rage. « Le lavoir du village, où ma grand-mère nettoyait le linge des soldats, était tombé en panne. Un reporter de guerre passant par là a demandé aux deux soldats américains venus le réparer de me prendre, mon ami Gilbert et moi, dans leurs bras afin d’immortaliser ce moment » confie Georgette.

Les années passèrent, une autre vie commença : un mariage, des enfants, des petits enfants…

Et pourtant, dans un petit coin de ce cœur déjà bien rempli, se tenait tapi le souvenir de ces hommes venus sauver la France. Retrouver un des soldats qui l’appelaient « baby » est devenu un besoin impérieux. Commence alors une longue période de recherches malheureusement infructueuses. Il faudra attendre le 50ème anniversaire du débarquement et un supplément Ouest France glissé sous sa porte, comme tous les matins, pour qu’une piste se dessine enfin.

Que découvre-t-elle ? A la Une : sa photo ! Celle prise au lavoir de Saint Laurent… « Plusieurs appels plus tard, j’apprends que c’est ma photo qui a été choisie comme emblème du 50ème anniversaire et qu’elle a fait le tour du monde ! » Le dénouement est proche, il est maintenant facile de retrouver Gilbert qu’elle découvre en fait être un voisin distant seulement de quelques kilomètres de sa maison. Mais l’essentiel n’est pas résolu : que sont devenus les deux soldats ?

Les nouvelles ne tardent pas à arriver : John, le soldat de Gilbert, est malheureusement décédé en 1969, mais Donald, celui de Georgette, vit encore et réside en Floride. Une date est fixée, Georgette, Gilbert et Donald se retrouvent à Ouistreham 51 ans après leur rencontre. « My baby, my baby » ont été les premiers mots de Donald. Des retrouvailles inoubliables au cours desquelles Donald a fait promettre à Georgette de témoigner auprès des générations futures, afin de « ne jamais oublier qu’une guerre est douloureuse… Et trop souvent inutile. »

Désiré Dajon-Lamarre

Le garçon qui tenait un carnet

Désiré Dajon Lamare avait 8 ans quand les allemands sont entrés pour la première fois à Ouistreham en 1940 et il avait 12 ans quand ils en sont repartis. Le 27 avril 1944, après un violent bombardement qui emporta la mère de sa tante, il commence à consigner sur un petit carnet rouge les noms des Ouistrehamais décédés.

Comment vous étiez-vous procuré ce carnet ?
« Je l’avais certainement pour aller à l’école, je l’avais pour marquer des choses personnelles, ou je l’avais trouvé comme ça parce que il n’y avait pas beaucoup de papier à ce moment là. Même les cahiers c’était avec des tickets. »

Pourquoi avez-vous ressenti le besoin d’écrire à ce moment là ?
« Très bonne question, elle m’est souvent posée. Je crois que j’étais bien quand j’écrivais avec l’encrier et puis mon porte plume. J’étais bien, je me sentais bien à l’abri sous la table, dans les abris ou dans les tranchées. Car j’avais peur et je pensais à la sécurité. »

Que faisiez-vous de ce petit carnet lorsque vous vous déplaciez ?
«Heu…. je l’avais toujours avec moi, toujours avec ma plume et mon encrier dans ma poche. Comme nous n’étions pas encore libérés, bien souvent j’oubliais de marquer parce j’avais peur ou je me cachais dans les tranchées »

Avez-vous déjà réfléchi à ce que deviendra votre carnet dans les 70 ans à venir ?
«A l’avenir, si un de mes enfants le veut je lui donnerai sinon je le confierai au Mémorial de Caen parce que c’est là qu’est l’Histoire. »

Pouvez-vous nous dire pourquoi vous l’avez garder précieusement ?
« Vous savez, on a chacun ses objets personnels dont ce carnet faisait parti. J’ai également gardé mes cahiers d’école. Tout ce que j’ai gardé m’est vraiment précieux. »

Pourquoi n’avez-vous pas continué à rédiger dans votre carnet ?
« Après la libération j’ai passé du temps avec mes proches ensuite je suis rentré dans la vie active alors je ne pensais plus à rédiger. »

Johannes Börner

Un soldat allemand, français de cœur

Johannes Börner 89 ans, un Allemand devenu Ouistrehamais depuis 58 ans.

Johannes Börner avait 17 ans en 1942 quand il fut appelé sous les drapeaux allemands et envoyé en Bretagne « Si la Guerre n’avait pas eut lieu je serai devenu danseur ».

Dans la nuit du 5 au 6 juin, il se rend à pied à St Lô pour contrer l’avancée des Alliés.

Longtemps prisonnier près de Bayeux, il regagne l’Allemagne pour découvrir Berlin dévasté.

Son père ne lui voit aucun avenir dans ce pays et lui conseille de tenter sa chance en France.
C’est la restauration qui l’intéresse, il sera tour à tour plongeur à Paris, puis serveur et enfin ouvrira en 1969, avec Thérèse, une charmante associée, un hôtel-restaurant convivial résolument ouvert à toutes les nationalités.
Les associés s’éprennent bien vite l’un de l’autre. La famille de Thérèse, surprise par le choix de leur fille, a cependant accepté le jeune Allemand si amoureux et si désireux de faire sa vie en France.

«Seul le grand père de ma femme qui avait fait Verdun s’est exclamé : « Mais ce n’est pas possible ! Il n’y a pas assez de français pour que tu prennes un Allemand ? », rit encore Johannes. Partout dans leur restaurant flottent des drapeaux américains, canadiens, français et anglais.

Bien vite l’hôtel-restaurant devient un lieu de rassemblement pour les vétérans de la seconde guerre mondiale. S’y côtoient de façon très naturelle Allemands et Américains.
Dès son arrivée en France il a toujours été respecté pour ses qualités professionnelles et son sens de l’hospitalité, ceci fait de lui un vrai symbole de paix.

Autres histoires...

Ces histoires vous ont plu ?

Alors ne manquez pas celles sur lesquelles les collèges bas et haut-normand ont travaillé à l'occasion du 70e anniversaire du débarquement.


Pour les découvrir, cliquez ci-dessous :

. Les histoires traitées par le collège Roger Gaudeau de Haute-Normandie (Andelys)
. Les histoires traitées par le collège Jacques Brel de Noyal sur Vilaine en Bretagne